Inflation : quel impact sur les ETF et que faire ?

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Comment les ETF protègent-ils de l'inflation ? Nous vous parlons des stratégies à adopter contre la hausse des prix.

Inflation : quel impact sur les ETF et que faire ?
 
  • Niveau : Tout public
  • Temps de lecture : 5 minutes
Dans cet article, nous abordons pour vous
En mai 2026, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an en France. Après le fort épisode inflationniste de 2022 et 2023, la hausse des prix a nettement ralenti en 2025. Les chiffres publiés chaque mois montrent que son rythme peut encore varier selon l’évolution des prix de l’énergie, des services ou de l’alimentation.
Pour les épargnants français, l’enjeu ne concerne pas seulement les dépenses courantes. L’épargne peut être considérée comme une forme de consommation différée : l’argent mis de côté aujourd’hui servira souvent à financer des achats futurs. Si les prix augmentent plus vite que son rendement, cette épargne conserve sa valeur en euros, mais elle permet d’acheter moins de biens et de services.
Un ETF ne protège pas, par nature, contre l’inflation. Son comportement dépend avant tout de l’indice qu’il suit et des actifs qu’il contient. Actions, obligations, immobilier coté ou matières premières ne réagissent pas de la même manière à une hausse des prix ou des taux d’intérêt.

Qu’est-ce que l’inflation ?

L’Insee définit l’inflation comme une perte de pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. Ces derniers ne progressent pas tous au même rythme : certains peuvent augmenter fortement, tandis que d’autres stagnent ou diminuent.
Un ralentissement de l’inflation ne signifie pas non plus que les prix baissent. Il indique seulement qu’ils augmentent moins vite.
Année Inflation moyenne annuelle en France
2018 1,8 %
2019 1,1 %
2020 0,5 %
2021 1,6 %
2022 5,2 %
2023 4,9 %
2024 2,0 %
2025 0,9 %
Le niveau général des prix a donc continué à progresser, mais à un rythme nettement moins élevé. En 2025, l’inflation moyenne annuelle s’est établie à 0,9 %.

Comment mesure-t-on l’inflation en France ?

L’inflation est principalement mesurée à l’aide de l’indice des prix à la consommation, ou IPC. L’Insee observe l’évolution des prix d’un ensemble de biens et de services représentatif de la consommation des ménages. Chaque catégorie est pondérée selon sa place dans leurs dépenses, afin d’obtenir une variation moyenne des prix.
Cette moyenne ne correspond pas nécessairement à l’inflation ressentie par chaque foyer. En mai 2026, par exemple, les prix de l’énergie augmentaient de 16,6 %, ceux des services de 2,1 % et ceux de l’alimentation de 1,1 %. Une personne consacrant une part importante de son budget à l’énergie pouvait donc subir une hausse de ses dépenses très différente de la moyenne nationale.

Quels effets l’inflation peut-elle avoir sur les ETF ?

L’inflation agit sur la valeur réelle des rendements. Une performance positive en euros peut être insuffisante pour maintenir le pouvoir d’achat si elle reste inférieure à la hausse des prix. Elle peut aussi peser sur les entreprises, modifier les taux d’intérêt et faire varier la valeur des obligations ou de l’immobilier coté.
À retenir : inflation et taux d’intérêt
Lorsque l’inflation devient trop élevée, les banques centrales peuvent relever leurs taux directeurs pour renchérir le crédit et ralentir la demande. Entre 2022 et 2023, face à la forte hausse des prix dans la zone euro, la Banque centrale européenne a ainsi relevé ses taux directeurs à plusieurs reprises afin de freiner l’inflation. Inflation et hausse des taux restent néanmoins deux phénomènes distincts : l’une concerne l’évolution des prix, l’autre constitue un outil de politique monétaire qui affecte ensuite les conditions de financement et les marchés.

Les ETF actions peuvent-ils résister à l’inflation ?

La capacité des entreprises à répercuter la hausse des prix

L’effet de l’inflation sur un ETF actions dépend des entreprises présentes dans son indice. Certaines peuvent répercuter une partie de la hausse de leurs coûts sur leurs prix de vente. D’autres voient au contraire leurs marges se réduire si leurs matières premières, leurs salaires ou leur financement deviennent plus coûteux. Le secteur d’activité, la concurrence, la solidité financière et le pouvoir de fixation des prix jouent donc un rôle important.
Les ETF actions diversifiés ont historiquement pu dépasser l’inflation sur de longues périodes, notamment parce que les entreprises peuvent adapter leurs prix et développer leur activité. Ils ne constituent cependant pas une protection systématique contre une flambée des prix à court terme. Une inflation forte peut entraîner une hausse des coûts, un ralentissement économique et une baisse des valorisations, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un relèvement rapide des taux.

Les limites d’une protection contre l’inflation

Cibler uniquement les secteurs souvent présentés comme plus résistants à l’inflation ne garantit pas pour autant un meilleur résultat. Certains domaines, comme l’énergie, les matières premières, la santé ou encore les biens de consommation de base, sont parfois considérés comme mieux armés pour faire face à une hausse des prix, car la demande pour leurs produits ou services peut rester relativement stable ou parce qu’ils disposent d’une certaine capacité à répercuter leurs coûts sur leurs clients.
Cependant, cette réputation ne suffit pas à assurer de bonnes performances boursières. Si de nombreux investisseurs anticipent déjà qu’un secteur pourrait bénéficier de l’inflation, cette attente peut être reflétée dans les cours des actions avant même que les effets économiques ne se matérialisent. Par ailleurs, deux entreprises d’un même secteur peuvent réagir de manière très différente selon leur niveau d’endettement, leur structure de coûts, leur position concurrentielle ou leur capacité réelle à augmenter leurs prix.
C’est pourquoi la diversification reste un principe important : elle permet de répartir les risques entre plusieurs secteurs, régions et types d’actifs.

Comment l’inflation et les taux affectent-ils les ETF obligataires ?

L’inflation réduit la valeur réelle des intérêts versés par une obligation à taux fixe. Une rémunération de 2 %, par exemple, correspond à un rendement réel négatif si les prix progressent de 3 % sur la même période.
À cela peut s’ajouter l’effet d’une hausse des taux d’intérêt sur la valeur de marché des obligations déjà émises. Lorsque les taux montent, les nouvelles obligations sont généralement émises avec des coupons plus élevés. Les anciennes obligations, qui versent une rémunération devenue moins attractive, doivent alors perdre de la valeur pour rester compétitives. C’est pourquoi le cours d’un ETF obligataire peut baisser lorsque les taux augmentent. L’AMF explique ce mécanisme, tandis que justETF détaille son incidence sur les ETF obligataires.
Cette sensibilité est généralement plus importante pour les obligations dont l’échéance est éloignée. Les ETF d’obligations à court terme peuvent renouveler plus rapidement leurs titres et intégrer de nouvelles émissions offrant des rendements actualisés. Une hausse des taux peut donc provoquer une perte initiale, mais aussi améliorer progressivement les revenus futurs du fonds sur le long terme lorsque les anciennes obligations sont remplacées.
Les obligations indexées sur l’inflation ajustent leur capital de référence, et donc leurs versements, selon un indice officiel des prix. Elles sont conçues pour mieux suivre une hausse de l’inflation mesurée, mais elles restent exposées aux variations des taux d’intérêt. Leur valeur peut donc baisser si les taux progressent fortement.

Les matières premières protègent-elles contre l’inflation ?

L’énergie, les métaux et les produits agricoles entrent directement ou indirectement dans le coût de nombreux biens et services. Leur hausse peut ainsi être l’une des causes de l’inflation. Les matières premières peuvent alors voir leur prix augmenter lors de certains épisodes inflationnistes, notamment lorsque l’inflation est provoquée par une pénurie ou une perturbation de l’offre.
Cette relation n’est toutefois pas automatique. Le prix des matières premières dépend aussi de la croissance mondiale, des capacités de production, des stocks, des conditions météorologiques, des devises et du contexte géopolitique. Une baisse de la demande peut par exemple faire reculer leurs cours alors même que le niveau général des prix reste élevé.
De nombreux ETF diversifiés spécialisés dans les matières premières reproduisent des indices utilisant des contrats à terme. Leur performance dépend donc aussi du coût de renouvellement de ces contrats : cet effet peut l’améliorer lorsque les contrats futurs sont moins chers, ou la réduire lorsqu’ils sont plus coûteux.
À retenir : l’or, cas particulier
L’or ne génère ni bénéfice, ni coupon, ni loyer, et son évolution dépend notamment des taux d’intérêt réels, du dollar et de la demande de valeur refuge.

Les ETF immobiliers constituent-ils une protection contre l’inflation ?

Un ETF immobilier investit dans des sociétés immobilières cotées et des foncières, plutôt que directement dans des logements ou des immeubles. Son cours dépend donc à la fois du marché immobilier et des conditions propres aux marchés boursiers.
L’immobilier peut bénéficier de la hausse de certains loyers et du fait que construire ou remplacer un bâtiment devient plus coûteux lorsque les prix des matériaux et de la main-d’œuvre augmentent. Mais ces effets peuvent être compensés par un coût du crédit plus élevé, un refinancement plus difficile ou une baisse de la demande. Les sociétés immobilières les plus endettées sont particulièrement sensibles à une augmentation rapide des taux. La BCE analyse ces risques de financement pour le secteur immobilier.
Tous les segments ne réagissent pas non plus de la même façon. Bureaux, logements, entrepôts, centres commerciaux ou établissements de santé présentent des modèles économiques, des niveaux d’endettement et des possibilités de revalorisation des loyers différents. L’étiquette « ETF immobilier » ne suffit donc pas à déterminer son comportement face à l’inflation.

Les ETF protègent-ils réellement contre l’inflation ?

Aucune classe d’actifs ne constitue une protection universelle contre toutes les formes d’inflation. Une hausse provoquée par un choc énergétique ne produit pas les mêmes effets qu’une inflation alimentée par une forte demande, des hausses salariales ou des problèmes durables de production. Les conséquences dépendent aussi de la réaction des banques centrales et de la vitesse à laquelle les taux évoluent.
Il faut également distinguer la capacité d’un placement à dépasser l’inflation sur le long terme d’une véritable protection à court terme. Les actions peuvent créer de la valeur sur plusieurs décennies tout en baissant pendant un choc inflationniste. À l’inverse, une matière première peut progresser fortement pendant une crise sans offrir un rendement régulier sur une longue période.
Enfin, les marchés réagissent aux anticipations autant qu’aux chiffres publiés. Lorsqu’un risque d’inflation est largement attendu, le prix des actifs réputés protecteurs peut déjà avoir augmenté. Acheter après une forte progression revient alors à s’exposer à une éventuelle correction si le scénario change ou si l’inflation ralentit plus vite que prévu.
Type d’ETF Effet potentiel face à l’inflation Principales limites Points à vérifier
ETF actions Certaines entreprises peuvent augmenter leurs prix et leurs bénéfices Pression sur les marges, ralentissement économique et baisse des valorisations Diversification, secteurs, zones géographiques et concentration de l’indice
ETF obligataires Les nouvelles obligations peuvent offrir de meilleurs rendements Baisse initiale de la valeur lorsque les taux montent Maturité, sensibilité aux taux, qualité de crédit, devise et type d’émetteurs
Obligations indexées Revenus ajustés en fonction d’un indice d’inflation Sensibilité aux taux réels et aux anticipations du marché Indice de référence, maturité, sensibilité aux taux réels et qualité de crédit
Matières premières Peuvent progresser pendant certains chocs d’offre Forte volatilité et effet des contrats à terme Composition de l’indice et modalités de renouvellement des contrats à terme
Or via un ETC Peut bénéficier de la recherche de valeurs refuges Absence de revenus et comportement irrégulier Type de réplication, adossement physique éventuel et risques liés à l’émetteur
ETF immobiliers Certains loyers peuvent être revalorisés Endettement et coût du financement plus élevé Segments couverts, zones géographiques et niveau d’endettement des sociétés

Pour conclure : que faire face à l’inflation ?

  • Ne réagissez pas à un seul chiffre mensuel. L’inflation évolue dans le temps et les marchés peuvent déjà avoir anticipé sa trajectoire.
  • Vérifiez les actifs réellement détenus par un ETF. Deux ETF appartenant à la même catégorie peuvent suivre des indices très différents.
  • Distinguez votre horizon de long terme d’un choc temporaire. Une classe d’actifs peut connaître une forte baisse à court terme tout en conservant un rôle différent dans un portefeuille diversifié.
  • Évitez de vous fier uniquement aux performances récentes. Une exposition qui vient de progresser avec l’inflation peut déjà intégrer une grande partie des attentes du marché.
 
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