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Fiscalité des ETF en France : comment vos revenus sont-ils imposés ?

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PFU, barème progressif, PEA, assurance-vie et dividendes étrangers : comprenez quand et comment les revenus d’ETF sont imposés.

Fiscalité des ETF en France : comment vos revenus sont-ils imposés ?
 
  • Niveau : Pour débutants
  • Temps de lecture : 7 minutes
Dans cet article, nous abordons pour vous
Un ETF peut recevoir des dividendes ou des intérêts, puis les distribuer aux investisseurs ou les réinvestir. Mais le mot « dividende » ne suffit pas à déterminer l’impôt à payer. Pour une personne fiscalement domiciliée en France, le traitement dépend d’abord de l’enveloppe dans laquelle l’ETF est détenu, puis de sa politique de distribution et, parfois, de l’origine des revenus encaissés par le fonds.
À noter : cet article présente les règles générales applicables aux revenus d’ETF en 2026. Il ne traite pas en détail de la fiscalité des plus-values réalisées lors de la vente des parts et ne remplace pas une analyse de votre situation fiscale personnelle.

Tableau récapitulatif : quelle fiscalité selon votre situation ?

Le tableau ci-dessous croise les deux questions essentielles : où l’ETF est-il détenu et que fait-il des revenus perçus ?
Situation Que deviennent les revenus ? Imposition immédiate ? Quand la fiscalité intervient-elle ?
Compte-titre – ETF distribuant Une distribution est versée sur le compte espèces Oui Lors de la distribution : PFU par défaut ou option globale pour le barème progressif
Compte-titres – ETF capitalisant Les revenus sont réinvestis dans le fonds Non Lors de la vente des parts, selon la fiscalité des plus-values (hors périmètre de l’article)
PEA – ETF distribuant La distribution reste dans le compte espèces du PEA Non, si elle reste dans le plan Lors d’un retrait, selon l’ancienneté du PEA
PEA – ETF capitalisant Les revenus sont réinvestis dans le fonds Non Lors d’un retrait, selon l’ancienneté du PEA
Assurance-vie – ETF distribuant Le revenu est traité à l’intérieur du contrat selon ses modalités Non Lors d’un rachat, sur la part de gains comprise dans le retrait
Assurance-vie – ETF capitalisant Les revenus sont réinvestis dans le fonds Non Lors d’un rachat, sur la part de gains comprise dans le retrait
Le caractère distribuant ou capitalisant détermine ce que l’ETF fait des revenus. L’enveloppe détermine principalement quand et selon quelles règles vous êtes imposé.

De quoi dépend la fiscalité d’un ETF ?

Trois éléments permettent de situer votre cas.
  1. L’enveloppe fiscale. Un ETF détenu sur un compte-titres ordinaire est soumis aux règles de droit commun des revenus mobiliers. Dans un PEA, les revenus restent dans le plan et bénéficient de la fiscalité propre à cette enveloppe. Dans une assurance-vie, l’imposition intervient en principe lors d’un rachat, et non lorsque l’ETF génère un revenu à l’intérieur du contrat.
  2. La politique de distribution. Un ETF distribuant verse périodiquement tout ou partie des revenus encaissés. Un ETF capitalisant les réinvestit directement dans le fonds. Cette information figure généralement dans le nom de la part, sa fiche d’information et le sélecteur d’ETF justETF.
  3. L’origine des revenus. Lorsque les titres détenus sont étrangers, une retenue à la source peut aussi être appliquée avant que le revenu n’arrive jusqu’au fonds.

Arbre de décision : à quel moment vos revenus d’ETF sont-ils imposés ?

Arbre de décision sur l’imposition des revenus d’ETF selon l’enveloppe et la politique de distribution

ETF distribuant ou capitalisant : quelle différence fiscale ?

L’Autorité des marchés financiers distingue les ETF de distribution, qui reversent les revenus générés, et les ETF de capitalisation, qui les réinvestissent automatiquement. Sur le plan économique, les mêmes dividendes ou intérêts peuvent ainsi être versés ou conservés dans le fonds. Sur le plan fiscal, la conséquence dépend surtout de l’enveloppe.
Sur un CTO, un ETF distribuant génère un revenu imposable au moment de la distribution. Un ETF capitalisant ne vous verse aucun revenu séparé : il n’y a donc pas de revenu mobilier à imposer.
Dans un PEA ou une assurance-vie, la distinction modifie surtout la circulation du revenu à l’intérieur de l’enveloppe. La distribution ou la capitalisation ne déclenche normalement pas, à elle seule, l’imposition de l’épargnant. Le moment fiscal déterminant est plutôt le retrait ou le rachat.
Pour approfondir le fonctionnement et les critères de comparaison, consultez notre article sur les ETF à dividendes et celui consacré au choix entre ETF distribuant et ETF capitalisant.

Comment vos revenus d’ETF sont-ils imposés selon l’enveloppe ?

Fiscalité des revenus d’ETF au sein d’un compte-titres ordinaire

Lorsqu’un ETF distribuant est détenu dans un compte-titres ordinaire (CTO), la somme versée constitue un revenu mobilier imposable. Deux modes d’imposition sont possibles.
Option 1 — Le prélèvement forfaitaire unique, appliqué par défaut
Pour les revenus perçus en 2026, le prélèvement forfaitaire unique, ou PFU, s’élève à 31,4 % :
  • 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu,
  • 18,6 % au titre des prélèvements sociaux.
Option 2 — L’intégration au barème progressif de l’impôt sur le revenu
Vous pouvez choisir de soumettre ces revenus au barème progressif plutôt qu’au PFU. Concrètement, leur montant imposable est ajouté à vos autres revenus, comme vos salaires ou vos pensions, puis soumis aux différentes tranches de l’impôt sur le revenu.
Le résultat dépend donc de votre situation fiscale et notamment de votre tranche marginale d’imposition. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. Cette option est annuelle et globale : elle s’applique à l’ensemble des revenus mobiliers. Il n’est pas possible de conserver le PFU pour certains revenus et de choisir le barème pour d’autres.
À savoir : l’abattement de 40 % n’est pas automatique
Lorsque le barème progressif est choisi, certains dividendes peuvent bénéficier d’un abattement de 40 %. En effet, les dividendes proviennent de bénéfices qui ont, en principe, déjà été imposés au niveau de l’entreprise. L’abattement de 40 % vise donc à atténuer cette double imposition. Il ne s’applique pas aux intérêts et ne concerne que les dividendes fiscalement éligibles. Seul l’imprimé fiscal unique, ou IFU, transmis par l’établissement financier précise l'éligibilité d’un ETF.
Exemple : PFU ou barème progressif ?
Prenons un revenu distribué de 100 €, supposé éligible à l’abattement de 40 %. Dans ce cas, seuls 60 € sont soumis au barème de l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent calculés sur les 100 €.
Mode d’imposition Calcul simplifié Montant après impôts et prélèvements sociaux
PFU 100 € − 31,40 € 68,60 €
Barème, tranche à 11 % 6,60 € d’impôt + 18,60 € de prélèvements sociaux 74,80 €
Barème, tranche à 30 % 18 € d’impôt + 18,60 € de prélèvements sociaux 63,40 €
Cet exemple montre que le barème progressif peut être plus ou moins favorable que le PFU selon la tranche d’imposition et la part de la distribution réellement éligible à l’abattement. Il reste volontairement simplifié : il ne tient notamment pas compte d’une éventuelle retenue à la source étrangère.
Consultez également notre guide consacré à la fiscalité des ETF en compte-titres.

Fiscalité des revenus d’ETF au sein d’un PEA (Plan d’Epargne en Action)

Dans un PEA, les dividendes et autres gains produits par les placements ne sont pas imposés tant qu’ils restent dans le plan. Si l’ETF est distribuant, le revenu est généralement crédité sur le compte espèces du PEA. S’il est capitalisant, il est réinvesti directement par le fonds. Dans les deux cas, aucune imposition personnelle n’est déclenchée par ce seul événement, à condition que les sommes restent dans l’enveloppe.
Exemple : un ETF distribuant verse 100 € dans votre PEA. Ces 100 € peuvent rester sur le compte espèces ou être utilisés pour acquérir un autre titre éligible, sans générer immédiatement une imposition. Un virement de 100 € vers votre compte bancaire constituerait en revanche un retrait et ferait intervenir une taxation.
Lors d’un retrait, la fiscalité dépend de l’ancienneté du plan. Avant cinq ans, un retrait entraîne en principe l’imposition du gain net et la clôture du PEA, sauf exceptions. Après cinq ans, les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux. Tous les ETF ne sont pas éligibles au PEA : notre comparatif PEA ou assurance-vie détaille les règles d’accès, de retrait et de fiscalité propres à chaque enveloppe.

Fiscalité des revenus d’ETF au sein d’une assurance-vie

Dans une assurance-vie, l’ETF constitue une unité de compte proposée par le contrat. Vous ne recevez pas directement ses distributions sur votre compte bancaire. Pour un ETF distribuant, le traitement du revenu dépend des modalités prévues par l’assureur : il peut notamment être réinvesti ou affecté au contrat. Avec un ETF capitalisant, le réinvestissement intervient directement au sein du fonds.
Dans les deux cas, cette opération ne déclenche pas à elle seule une imposition. Vous êtes taxé lorsque vous effectuez un rachat total ou partiel, et uniquement sur la part de gains comprise dans la somme retirée. Le régime dépend notamment de l’ancienneté du contrat, de la date des versements et de leur montant.
Exemple : votre contrat vaut 11 000 €, dont 10 000 € de versements et 1 000 € de gains. Si vous retirez 1 100 €, seule la fraction correspondant aux gains est fiscalisée, soit 100 € dans cet exemple simplifié. La politique distributive d’un ETF n’entraîne donc pas l’imposition annuelle d’un « dividende » reçu personnellement.

Qu’en est-il des dividendes étrangers ?

Un ETF peut investir dans des entreprises françaises, européennes ou situées dans le reste du monde. Lorsqu’une société étrangère verse un dividende, son pays peut prélever une retenue à la source. Celle-ci intervient avant ou au moment où l’ETF reçoit le revenu et peut donc réduire la somme réinvestie ou distribuée par le fonds.
Il faut distinguer cette première couche de la fiscalité applicable à l’investisseur. Par exemple, un ETF détenu dans un CTO peut recevoir un dividende américain diminué d’une retenue à la source, puis vous verser une distribution elle-même soumise au régime français des revenus mobiliers.
Le montant prélevé en amont n’est pas identique pour tous les ETF. Il dépend notamment du pays dans lequel se trouve l’entreprise qui verse le dividende et du pays où l’ETF est juridiquement domicilié. Une convention fiscale entre ces deux pays peut parfois réduire le taux de retenue appliqué.
À noter : cette retenue est supportée par l’ETF, et non directement par l'investisseur. Elle ne doit donc pas être confondue avec le crédit d’impôt qui peut, selon les conventions fiscales, être accordé lorsqu’un contribuable français perçoit lui-même un revenu étranger et le déclare en France.
Notre conseil : dans tous les cas, vérifiez ces éléments dans la fiche d’information et le prospectus de chaque ETF.
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