Comment investir dans des ETF ESG ?
Découvrez comment comparer les ETF ESG : approches durables, méthodologie des indices, exemples concrets et checklist pratique.
Dans cet article, nous abordons pour vous
Quelles sont les principales approches des ETF ESG ?
Un ETF ESG réplique un indice dont les règles déterminent les entreprises retenues et leur poids dans le portefeuille. Dans de nombreux cas, cet indice durable est construit à partir d’un indice de marché plus large, comme le MSCI World. Cet indice de départ est aussi appelé indice parent. Les filtres ESG peuvent ensuite retirer certaines entreprises, en sélectionner une partie ou modifier leur pondération, selon la ou les méthodologies adoptées. Les quatre approches ci-dessous donnent des repères utiles, mais elles ne constituent pas des catégories étanches. Une même méthodologie peut associer exclusions, sélection positive et objectifs climatiques. Le document de référence reste donc toujours la méthodologie de l’indice.1. Les exclusions : retirer certaines activités ou controverses
Comment cela fonctionne. L’indice part d’un univers de marché, puis écarte les entreprises qui dépassent des seuils définis pour certaines activités ou qui ne respectent pas des normes internationales. Les exclusions peuvent viser, par exemple, les armes controversées, le tabac, le charbon thermique ou les violations du Pacte mondial des Nations unies. Ce que cette approche apporte. Elle peut conserver une exposition relativement proche du marché de départ lorsque peu d’entreprises sont écartées. Elle permet surtout de définir clairement les activités que l’indice refuse d’inclure, sans nécessairement sélectionner les entreprises sur la base d’une note ESG globale. Exemples concrets. À l’échelle mondiale, la famille MSCI Screened applique des exclusions à l’indice parent. Sa méthodologie de février 2025 ajoute également un objectif de réduction d’au moins 30 % de l’intensité des émissions de gaz à effet de serre par rapport à cet indice parent. En Europe, le STOXX Europe 600 ESG-X reprend l’univers du STOXX Europe 600 et lui applique des filtres standardisés, notamment sur les armes controversées, le tabac et le charbon thermique. Point de vigilance. Le nom d’un secteur exclu ne suffit pas : il faut vérifier le seuil de chiffre d’affaires, la définition de l’implication de l’entreprise et le traitement des producteurs, fournisseurs ou distributeurs. Deux indices qui excluent le charbon ou les armes peuvent donc conserver des univers différents.2. La sélection positive : retenir les mieux notées de chaque secteur
Comment cela fonctionne. Cette approche compare les entreprises à leurs concurrentes au sein d’un même secteur. L’indice retient celles qui obtiennent les meilleures évaluations ESG, parfois jusqu’à une proportion déterminée de la capitalisation ou du nombre de titres de chaque secteur. Ce que cette approche apporte. Elle cherche à améliorer le profil ESG du portefeuille tout en conservant une représentation de plusieurs secteurs. Cela signifie cependant qu’un secteur controversé peut rester présent si la méthodologie ne l’exclut pas : les entreprises retenues sont alors les mieux classées relativement à leurs concurrentes, et non nécessairement des entreprises dont l’activité est considérée comme durable en elle-même. Exemples concrets. À l’échelle mondiale, les indices MSCI ESG Leaders visent une représentation de 50 % de la capitalisation de chaque secteur de l’indice parent en privilégiant les entreprises les mieux notées. Pour une exposition européenne plus sélective, le STOXX Europe 600 SRI applique des exclusions et des filtres d’émissions, puis sélectionne dans chaque industrie les titres les mieux classés jusqu’à atteindre environ un tiers du nombre de titres de l’indice de départ. Point de vigilance. Une sélection plus stricte ne signifie pas automatiquement que tous les secteurs jugés sensibles disparaissent. Il faut lire conjointement les exclusions et les règles de classement. Il faut aussi vérifier si la proportion annoncée porte sur la capitalisation du secteur ou sur le nombre de titres, car ces deux méthodes ne produisent pas le même portefeuille.3. L’approche climatique : modifier l’exposition au carbone et à la transition
Comment cela fonctionne. Un indice climatique peut exclure certaines activités, sous-pondérer les entreprises les plus émettrices et surpondérer celles qui obtiennent de meilleurs indicateurs climatiques. Selon la méthodologie, il peut viser une baisse de l’intensité carbone, une réduction de l’exposition aux réserves fossiles ou un alignement avec une trajectoire compatible avec l’Accord de Paris. Ce que cette approche apporte. Elle rend les objectifs climatiques plus mesurables qu’une simple mention « ESG », notamment lorsque la méthodologie publie une cible chiffrée par rapport à un indice de départ. Elle ne couvre toutefois pas nécessairement de la même manière les dimensions sociales et de gouvernance. Exemples concrets. À l’échelle mondiale, les MSCI Climate Paris Aligned PAB Indexes sont conçus pour s’aligner sur l’objectif de limitation du réchauffement à 1,5 °C et sur les exigences des indices de référence européens alignés sur l’Accord de Paris. En Europe, le FTSE Developed Europe ESG Low Carbon Target Exposure Index vise, par rapport à son indice de référence, une hausse de 15 % du score ESG, ainsi qu’une réduction de 50 % de l’intensité des émissions opérationnelles et de l’intensité des réserves d’énergies fossiles. Point de vigilance. Les indicateurs ne sont pas interchangeables. Une réduction de l’intensité carbone ne signifie pas nécessairement une baisse équivalente des émissions absolues.4. L’investissement thématique durable : cibler une activité précise
Comment cela fonctionne. Un indice thématique sélectionne des entreprises exposées à une activité comme l’eau, les énergies renouvelables ou la mobilité électrique. L’éligibilité peut dépendre de la part du chiffre d’affaires liée au thème, d’un score environnemental spécialisé ou d’autres règles propres au fournisseur d’indice. Ce que cette approche apporte. Elle fournit une exposition directe à une tendance ou à un secteur lié à la transition. En contrepartie, l’univers est généralement plus étroit qu’un indice mondial diversifié et peut concentrer le portefeuille sur quelques activités, pays ou entreprises. Exemples concrets. À l’échelle mondiale, le S&P Global Clean Energy Transition Index cible des entreprises des marchés développés et émergents actives dans les activités liées à l’énergie propre, avec un objectif de 100 composants. En Europe, l’Euronext Water and Ocean Europe 40 EW sélectionne 40 entreprises de l’Euronext Europe 500 selon leur score « Water and Ocean » et leur capitalisation flottante, puis les pondère à parts égales. Point de vigilance. Une thématique qualifiée de durable n’équivaut pas à une notation ESG globale. Une entreprise peut être retenue parce qu’une partie de son activité correspond au thème, même si son profil environnemental, social ou de gouvernance est plus contrasté. Examinez aussi le nombre de titres et les principales positions pour mesurer la concentration. Pour approfondir ces univers, justETF propose des guides dédiés aux ETF sur l’eau, aux énergies renouvelables et à la mobilité électrique.Un exemple français qui combine plusieurs approches : le CAC 40 ESG
La méthodologie actuelle du CAC 40 ESG montre comment ces catégories se chevauchent. L’indice part des entreprises du CAC 40, applique des exclusions liées notamment au tabac, aux armes controversées et à certaines activités fossiles, puis ajuste les pondérations pour améliorer le score ESG moyen, réduire d’au moins 30 % l’intensité moyenne des émissions de gaz à effet de serre et améliorer le ratio entre activités favorables et défavorables à l’action climatique.
La méthodologie actuelle du CAC 40 ESG montre comment ces catégories se chevauchent. L’indice part des entreprises du CAC 40, applique des exclusions liées notamment au tabac, aux armes controversées et à certaines activités fossiles, puis ajuste les pondérations pour améliorer le score ESG moyen, réduire d’au moins 30 % l’intensité moyenne des émissions de gaz à effet de serre et améliorer le ratio entre activités favorables et défavorables à l’action climatique.
Pourquoi faut-il examiner l’indice avant de comparer les ETF ?
L’indice détermine les entreprises sélectionnées et leur pondération. Plusieurs ETF peuvent suivre exactement le même indice tout en différant par leurs frais, leur taille ou leur méthode de réplication. À l’inverse, deux ETF portant tous les deux une mention ESG peuvent suivre des indices très différents. Il faut donc comprendre d’abord le rôle de l’indice avant de comparer les ETF qui le répliquent.Un même marché peut donner trois degrés de sélection très différents
Prenons trois familles d’indices construites à partir du même marché mondial.- Un indice MSCI World Screened applique d’abord des exclusions et un objectif de réduction de l’intensité des émissions, tout en conservant les titres restants selon leur capitalisation flottante.
- Un indice MSCI World ESG Leaders vise ensuite les entreprises les mieux notées représentant 50 % de la capitalisation de chaque secteur.
- Un indice MSCI World SRI resserre encore la sélection pour viser 25 % de la capitalisation de chaque secteur, avec des exclusions plus nombreuses.
La composition réelle compte davantage que le nom
Deux ETF présentés comme durables peuvent avoir des profils de diversification et de risque très différents. Une approche de sélection positive peut conserver tous les grands secteurs, mais n’y retenir que les entreprises les mieux évaluées relativement à leurs concurrentes. À l’inverse, un indice thématique sur l’eau ou les énergies renouvelables peut se concentrer sur quelques secteurs, indépendamment de la structure du marché mondial. Pour comprendre l’exposition obtenue, observez le nombre de titres, les principales positions, ainsi que les répartitions sectorielle et géographique. Une entreprise qui semble surprenante dans un indice ESG peut être présente parce qu’elle reste sous un seuil d’exclusion, qu’elle est mieux notée que ses concurrentes ou qu’elle répond à une règle thématique précise.Comment comparer les ETF qui suivent le même indice ?
Une fois la méthodologie de l’indice comprise, vous pouvez comparer les ETF qui le répliquent. Les critères sont alors les mêmes que pour les autres ETF : frais courants, écart de suivi, taille et ancienneté du fonds, méthode de réplication, politique de distribution et devise de cotation. Ces caractéristiques ne rendent pas un ETF plus ou moins durable, mais elles permettent de départager des produits donnant accès à la même exposition. L’ordre de comparaison est important : commencez par choisir l’exposition et la méthodologie de l’indice, puis comparez uniquement les ETF qui suivent ce même indice. Un ETF moins cher ne constitue pas nécessairement une alternative équivalente s’il réplique un indice ESG construit selon des règles différentes.La checklist pour comparer un ETF ESG
Avant d’ajouter un ETF à votre sélection, huit questions permettent de vérifier que son exposition durable, son indice et ses caractéristiques correspondent bien à ce que vous cherchez à comparer.- Quel marché l’ETF couvre-t-il ? Monde, région, pays, secteur, thème, actions ou obligations : commencez par définir précisément l’univers d’investissement.
- Quelle approche l’indice applique-t-il ? Exclusions, sélection best-in-class, approche climatique ou thématique durable ne produisent pas la même exposition.
- Quel est l’indice de départ ? Identifiez l’univers classique dont l’indice ESG dérive afin de comprendre les changements apportés.
- Quelles exclusions et quels seuils sont appliqués ? Vérifiez les activités concernées, les seuils de chiffre d’affaires et la définition de l’implication d’une entreprise.
- Comment les entreprises sont-elles sélectionnées et pondérées ? Regardez si les mieux notées sont retenues ou surpondérées, et si la comparaison s’effectue au sein de chaque secteur.
- Que contient réellement l’indice ? Contrôlez le nombre de titres, les principales positions, les secteurs et les pays dominants.
- À quelle fréquence l’indice est-il révisé ? Vérifiez quand les notes, controverses ou changements d’activité sont susceptibles d’être intégrés.
- Quels ETF suivent cet indice ? Comparez ensuite leurs frais, leur encours, leur ancienneté, leur qualité de suivi, leur réplication et leur politique de distribution.











